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OGM en laboratoires de recherche
Animaux transgéniques
Plantes transgéniques

Description des confinements recommandés
par la Commission de Génie Génétique



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Description des confinements pour l'utilisation d'OGM en laboratoires de recherche

Pour être efficace, le classement d'une manipulation de génie génétique doit s'accompagner du respect des conditions de confinement correspondantes. Ces conditions de confinement sont définies par la classification LI, L2, L3, L4. Cette classification intègre les trois notions suivantes :

  • l'agencement du laboratoire,
  • les équipements matériels du laboratoire
  • les bonnes pratiques de travail.
  • L'arrêté du 13 août 1996 définit dans son Annexe 1 les niveaux de confinement minimum à mettre en oeuvre dans les laboratoires de recherche, de développement et d'enseignement où sont utilisés des agents biologiques pathogènes des groupes 2, 3 ou 4. Compte tenu des risques particuliers causés par les OGM, la définition de la CGG des niveaux de confinement LI, L2, L3 et L4 est plus contraignante que celle de l' Annexe 1 de l'arrêté mentionné ci-dessus. En particulier, le confinement LI nécessite l'inactivation des déchets avant élimination de manière à minimiser la dissémination d'OGM.

    La classification en quatre niveaux de confinement LI, L2, L3 et L4 décrit des contraintes de niveau croissant. Toute expérience réalisée dans un laboratoire ayant un type de confinement donné doit se conformer aux pratiques de travail propres à ce laboratoire (même si certaines de ces expériences comportent des risques plus limités). Par exemple, l'utilisation d'un OGM de classe C2 dans un laboratoire L3 sera effectuée selon les pratiques de travail L3. Le cas échéant, la CGG pourra donner des dérogations au cas par cas. A l'inverse, des prescriptions plus contraignantes pourront être données.

    Les contraintes correspondant à une classe de confinement donnée comprennent dans tous les cas la totalité des contraintes des classes inférieures.

    Un exemplaire des règles à suivre à l'intérieur des locaux L2, L3, L4 doit être affiché à l'entrée de chaque laboratoire.

    Lorsque les expérimentations comportent la manipulation d'organismes biologiques pathogènes, les personnes directement impliquées dans la réalisation des expériences doivent être soumises à un traitement prophylactique approprié (vaccination, absorption de substances chimiques, etc.) en accord avec le Médecin du Travail.

    Des dispositifs permettant une inactivation immédiate des organismes biologiques manipulés doivent être disponibles dans chaque laboratoire.

    Les locaux doivent être maintenus propres et en ordre pour faciliter le respect des bonnes pratiques de travail.

    Seule une application intégrale et simultanée de toutes les normes de sécurité appropriées peut permettre une protection réelle des expérimentateurs, de l'environnement et du matériel biologique expérimental.

    Il est donc important que les responsables des laboratoires s'assurent que l'ensemble des installations ainsi que les bonnes pratiques de travail dans les laboratoire sont bien conformes au niveau de risque potentiel et de risque réel des expériences réalisées. Ils doivent, eux-mêmes ou une autre personne du laboratoire, avoir reçu un minimum de formation en microbiologie dès lors qu'ils font du génie génétique et en virologie dès lors qu'ils manipulent des gènes ou des vecteurs viraux. Les systèmes ou appareillages de sécurité doivent faire l'objet de vérifications périodiques qui garantissent le maintien des performances dans le temps.

    Toutes les expériences de génie génétique qui impliquent l'utilisation des techniques classiques de la microbiologie doivent donc être réalisées en respectant au minimum les règles conventionnelles de l'expérimentation dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne la stérilité, les contaminations et la destruction des micro-organismes. Ces règles qui doivent avoir été apprises dans un laboratoire spécialisé ne sont pas rappelées ici. Seules les mesures de confinement imposées par les risques potentiels propre au génie génétique sont décrites.

    Définitions et abréviations utilisées :


  • Laboratoire : pièce (ou suite de pièces conununiquant entre elles) séparée des autres laboratoires par une porte et dans laquelle se déroulent des opérations de génie génétique sous un confinement défini ; synonyme zone).

  • HEPA (High Efficiency Particulate Air) : filtre capable d'arrêter tout micro-organisme.

  • PSM de type II : poste de sécurité microbiologique comprenant un système d'aspiration d'air qui maintient la surface de travail en dépression permanente.

  • PSM de type III : poste de sécurité rrùcrobiologique dans lequel l'espace de manipulation est en dépression, entièrement clos, accessible seulement par l'intermédiaire de manchons à gants et dont l'air est évacué à travers des filtres de très haute efficacité HEPA.
  • Tableau récapitulatif des exigences de confinement et des pratiques de laboratoires
    (CGG, janvier 2000)


    MESURES DE CONFINEMENT NIVEAUX DE CONFINEMENT (1)
    L1
    Prescription
    L2
    Prescription
    L3
    Prescription
    L4
    Prescription
    a) Conception du laboratoire
    1.Signalisation du laboratoire (pictogramme "
    danger biologique").
    nonouioui oui
    2.Laboratoire séparé des autres locaux au moins par porte. ouiouiouioui
    3.Accès au laboratoire via un sas nonnonouioui
    4.Accès réglementé et verouillable. Accès
    possible pour les seuls travailleurs autorisés
    nonnonoui, par un sasoui, par un sas
    5.Possibilité de fermer hermétiquement le lieu
    de travail pour permettre la désinfection (fumigation).
    nonoptionnelouioui
    6.Filtration de l'air extrait du lieu de travail nonnonoui, filtre HEPAoui, double
    filtre HEPA
    7.Filtration de l'air entrant dans le lieu de travail. nonnonoptionneloui
    8.Présence d'une fenêtre d'observation ou d'un
    système équivalent permettant de voir les occupants.
    nonnonouioui
    9.Moyen de communication avec l'extérieur. nonnonoptionneloui
    10.Maintien d'une pression négative dans le
    laboratoire par rapport aux zones voisines.
    nonnonoui (3)oui
    11.Alarme pour détecter tout changement
    inacceptable de la pression de l'air.
    nonnonouioui
    12.Approvisionnement en énergie électrique de secours.nonnonoptionneloui
    13.Système de ventilation de secours.nonnonnonoui
    b) Aménagements internes
    1.Poste de sécurité microbiologique.
    nonoui, type IIoui, type IIoui, type II
    ou type III
    2.Vêtement de protection.ouioui Vêtements adaptés
    et surbottes
    Change complet
    avant entrée et
    sortie du laboratoire
    3.Aménagements pour ranger les vêtements
    de protection dans le laboratoire
    nonoui ouioui
    4.Douche pour décontaminer les travailleurs.nonnon optionneloui
    5.Lavage des mains : lavabos avec robinets
    pouvant être manoeuvrés sans les mains.
    nonoui (2) ouioui
    6.Résistance des surfaces à l'eau, nettoyage
    aisé sans endroits inaccessibles au nettoyage.
    oui (sols)oui (sols) oui (sols, murs
    et plafonds)
    oui : murs, plafonds,
    sols, résistants aux
    nettoyants chimiques
    7.Surface des paillasses imperméable à l'eau,
    résistante aux acides, alcalis, solvants et désinfectants.
    oui oui oui oui
    8.Lutte efficace contre les vecteurs, par exemple rongeurs et insectes.oui oui oui oui
    9. Présence d'un autoclave.oui, sur le siteoui, dans le
    bâtiment
    oui, dans le labo,
    double entrée (3)
    oui, dans le labo,
    double entrée
    10.équipement de base spécifique
    dans le laboratoire (matériel marqué)
    non non ouioui
    c) Pratiques opératoires
    1.Stockage des agents biologiques en lieu sûr
    ouiouiouioui, accès protégé
    2. Manipulation des matières infectées et de
    tout animal contaminé dans un système
    approprié de confinement (4)
    optionnel ouioui
    3.Utilisation de conteneurs spécifiques pour
    aiguilles contaminées, objets piquants
    ou tranchants souillés
    oui oui ouioui
    4.Contrôle de la dissémination des aérosols formés. minimiser minimiser empêcherempêcher
    5.Gants.optionnel optionnel ouioui
    6.Inactivation : matériel contaminé et déchets.oui oui ouioui
    7.Décontamination des équipements
    avant sortie du laboratoire (centrifugeuses, PSM..).
    oui oui ouioui
    8. Inactivation des effluents : éviers et douches.non non ouioui


    (1) Lexique
    Oui : exigence.
    Non : pas d'exigence.
    Optionnel : doit être décidé, au cas par cas, sur la base de l'évaluation des risques, à la suite de laquelle ces mesures devront-ou non - être appliquées.

    (2) Pour les nouvelles installations
    (3) Des dérogations exceptionnelles à cette prescription peuvent être accordées. Consulter le paragraphe III de l'annexe III.1 du Guide de la CGG.
    (4) Lorsque des animaux de laboratoire sont délibérément contaminés par un ou plusieurs agents pathogènes, ils doivent être manipulés ou hébergés dans des locaux répondant aux conditions et niveaux de confinement requis du fait de la classification du ou des agents pathogènes utilisés.
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    Description des confinements pour les animaux transgéniques

    I - Description des critères de confinement en fonction des techniques de transgénèse et des espèces animales auxquelles elles sont appliquées.

    A) Cas général (applicable en particulier aux animaux transgéniques de laboratoire)

    Un certain nombre de règles générales s'appliquent à tous les animaux indépendamment de leur mode de vie. Les locaux doivent de plus correspondre aux caractéristiques physiologiques de l'espèce.

    - Les séquences d'ADN qui sont destinées à être transférées à des animaux pour les rendre transgéniques ne doivent contenir qu'un minimum de séquences non nécessaires à l'expression des transgènes. Les séquences annexes (fragments de plasmides, linkers, résidus de construction de gènes) doivent autant que possible être éliminées dans la dernière phase de la préparation du fragment d'ADN devant être transféré.

    - Les animaux impliqués dans la transgenèse (ceux étant effectivement transgéniques et ceux présumés non-transgéniques ayant reçu de l'ADN étranger lors de leur vie embryonnaire) doivent être élevés à l'écart des autres animaux de la même espèce pour empêcher tout croisement incontrôlé. Pour la même raison, ces animaux ne doivent pas pouvoir circuler librement. Le local doit être pourvu d'un dispositif d'accès contrôlé.

    - Toutes les cages ou structures de confinement doivent être numérotées et répertoriées. La mention "organisme génétiquement modifié" doit être notée sur les cages. Tous les animaux transgéniques doivent être facilement identifiables et leur historique doit pouvoir être retrouvé. Le transport des animaux transgéniques doit être effectué dans des conditions de confinement identiques à celles de l'élevage. Les animaux transgéniques n'étant plus impliqués dans des expérimentations doivent être euthanasiés dans des conditions telles qu'aucun transfert génétique ne puisse avoir lieu. Les animaux présumés non- transgéniques après examen par la technique d'amplification d'ADN (PCR) peuvent éventuellement être réutilisés pour d'autres expérimentations (mère porteuse, immunisation) mais ils ne doivent jamais être utilisés pour la reproduction. Les animaux transgéniques ainsi que les animaux présumés non-transgéniques ne doivent pas être proposés à la consommation humaine sans qu'un avis de la Commission de Génie Biomoléculaire n'ait été donné cas par cas.

    - Lorsque des vecteurs viraux sont utilisés pour véhiculer les gènes étrangers, les conditions de confinement des animaux transgéniques sont les suivantes : lorsque les vecteurs utilisés sont des virus inactivés, les animaux doivent être maintenus dans des conditions identiques à celles utilisées pour les animaux virémiques jusqu'à ce que l'absence de particules virales dans les les fluides biologiques ait été démontrée. Les souches d'animaux utilisées doivent contenir le moins possible de séquences virales endogènes pour diminuer les chances de recombinaison avec le vecteur. S'il s'avère qu'aucune régénération de virus actif n'a lieu, les animaux peuvent être alors maintenus dans les conditions moins rigoureuses en application des règles de déclassement. Lorsque les vecteurs viraux utilisés sont des virus ayant gardé tout leur pouvoir infectieux, les mesures de confinement sont celles appliquées habituellement aux animaux infectés par l'agent viral correspondant. Ces mesures sont aussi applicables lorsque la technique de transfert de gène n'a pas impliqué un vecteur viral mais que la séquence d'ADN introduite peut conduire à la production de particules infectieuses.

    - Les animaux doivent donc être maintenus dans les conditions strictes de confinement qui sont celles classiquement appliquées aux animaux virémiques (isolement empêchant la pénétration d'animaux parasites, maintien des salles d'élevage en pression négative, filtration de l'air sortant des salles d'élevage, destruction de tous les déchets et des animaux par incinération ou par tout autre procédé approprié). Les locaux abritant de tels animaux ne doivent être accessibles qu'aux expérimentateurs et aux agents responsables de l'élevage et de l'entretien des b’timents. L'inscription "animaux virémiques" doit être présente sur les structures de confinement lorsque les animaux sont virémiques.

    - Lorsque des cellules sont utilisées pour la transgenèse (transfert de gènes dans des cellules E.S. en culture et transfert d'embryons chimères dans l'oviducte), les conditions de maintien des animaux ne sont pas différentes de celles retenues pour la micro-injection dans le pronucleus. Il en est de même dans le cas où un ADN étranger serait introduit dans les spermatozoïdes ou directement dans l'embryon par une quelconque autre méthode.

    - Lorsque des vecteurs épisomaux sont utilisés, il doit être vérifié que ces vecteurs sont stables et ne sont pas transmis aux bactéries intestinales de l'animal transgénique.

    B) Cas particuliers

    La transgenèse est applicable à toutes les espèces animales, il convient donc de prendre en considération toutes les situations qui peuvent se rencontrer et qui sont assez différentes selon le mode de vie des animaux.

    L'ensemble des règles qui suivent vaut aussi pour les animaux qui ont reçu un gène étranger qu'ils abritent dans leurs cellules somatiques (thérapie génique).

    1) Les mammifères transgéniques domestiques

    Les mammifères domestiques actuellement utilisés sont le lapin, mais aussi le porc, le mouton, la chèvre et la vache. En ce qui concerne ces animaux dont la taille est trop grande pour convenir aux isolateurs conventionnels, il convient de se reporter à l'annexe III.4. Il est concevable que cette liste s'allonge dans l'avenir. Dans la plupart des cas, les mammifères domestiques n'ont que peu de chance de survivre longtemps dans des conditions naturelles et encore moins de chance de s'y reproduire. Un soin particulier doit toutefois être pris pour que ces animaux ne puissent s'échapper et être mis en contact avec des animaux sans rapport avec les expériences de transgenèse. Les animaux doivent être identifiés individuellement avec la mention "organisme génétiquement modifié".

    Etant donné le prix de revient élevé des animaux domestiques, il paraît logique de tenter de réduire le coût des expérimentations en réutilisant les mammifères non-transgéniques. Il devrait être possible de consommer les mammifères domestiques présumés non-transgéniques si le test de détection de transgenèse est la PCR (la technique de Southern ne permettant pas de détecter les animaux transgéniques ayant un mosaïcisme prononcé). Un avis de la Commission de Génie Biomoléculaire est requis au cas par cas. Par souci de précaution, même les mammifères domestiques considérés comme non-transgéniques après la détection par la PCR ne doivent pas être utilisés pour la reproduction.

    2) Les oiseaux transgéniques

    Plusieurs techniques permettent de transférer des gènes chez les oiseaux.
    La technique de micro-injection de gène dans l'embryon précoce est peu utilisée, la manipulation des embryons précoces chez ces espèces étant trop malaisée. Une autre technique consiste à utiliser des vecteurs rétroviraux (vecteurs viraux inactivés ou virus ayant gardé leur virulence). Les précautions à respecter sont celles définies plus haut en faisant une distinction entre les vecteurs viraux inactifs et les vecteurs ayant gardé leur virulence. Un examen particulièrement approfondi et suivi doit être fait pour s'assurer que les oiseaux transgéniques n'ont pas régénéré de virus actifs même dans le cas où des virus inactivés ont été utilisés comme vecteurs.

    Lorsque des cellules d'embryons précoces ou des cellules primordiales germinales sont utilisées pour transférer des gènes étrangers, les conditions de confinement sont comparables à celles définies pour les cellules E.S. de mammifères.

    3) Les animaux aquatiques transgéniques

    La technique de transgenèse appliquée aux animaux aquatiques poïkilothermes (poissons, échinodermes...) est actuellement celle qui consiste à micro-injecter l'ADN étranger dans le cytoplasme des embryons précoces. Des transferts d'ADN étranger via le spermatozoïde ou directement par électroporation sont envisageables. L'utilisation des vecteurs viraux et des cellules E.S. n'est pas actuellement pratiquée. Les précautions à prendre pour ces espèces concernent donc essentiellement la dissémination des animaux transgéniques. Les espèces aquatiques de laboratoire ne posent pas de problèmes particuliers autres que ceux des autres animaux transgéniques. Il n'en va pas de même des espèces qui doivent se développer dans des bassins de dimensions relativement grandes (truite, saumon, carpe, huître, etc ...). Pour des raisons pratiques de renouvellement et d'évacuation d'eau, ces bassins sont souvent au contact direct des eaux fluviales. Des dispositifs efficaces (filtres et des barrières électriques) ne permettant pas aux poissons de passer, doivent être placés dans le courant d'eau à l'entrée et à la sortie des bassins d'élevage.

    Certains dispositifs doivent être placés dans le circuit d'évacuation de l'eau usée mais au-dessus du niveau de l'eau pour permettre de repérer facilement des animaux qui se seraient échappés et, au besoin, pour limiter leur possibilité de survie. Lorsque les bassins sont à l'air libre, des grilles doivent recouvrir l'eau pour empêcher les oiseaux de s'emparer d'animaux et de les transporter dans un autre bassin, un étang ou une rivière. Les animaux aquatiques transgéniques doivent être maintenus dans des conditions physiques et physiologiques où ils ne peuvent se reproduire, ou placés dans des systèmes de confinement empêchant la fuite des gamètes ou des jeunes embryons dans l'environnement (filtres, agents désinfectants...). Dans le cas où l'ADN transféré contiendrait des séquences virales susceptibles d'engendrer des animaux virémiques, les eaux évacuées devraient être décontaminées en suivant les méthodes classiquement utilisées pour les mêmes animaux virémiques non-transgéniques.

    4) Les insectes transgéniques

    Les précautions prises pour empêcher les animaux transgéniques de s'échapper dans l'environnement doivent être spécifiques des caractéristiques de l'espèce (détection automatique des insectes échappés des enceintes d'é1evage, filtre empêchant le passage des animaux, sas équipés de fermetures étanches, sas avec lampes U.V., sas refroidis au voisinage de 0° C).

    Des conditions de confinement physique spécifiques doivent être appliquées dans le cas d'insectes non volants.

    5) Les autres espèces animales

    Une évaluation du risque et une définition du confinement seront faites au cas par cas en fonction de l'espèce considérée.

    II - Classement des animaux transgéniques et description du confinement physique correspondant

    La manipulation des animaux abritant des gènes étrangers dans leurs cellules somatiques ou germinales doit être réalisée dans des conditions de confinement différentes selon leur nature. Il convient en particulier de distinguer le transfert de gènes, l'élevage et la collecte des organes. Le transfert de gènes peut, selon la méthode utilisée, s'accompagner d'un relargage transitoire ou non de particules virales. Les animaux doivent alors être maintenus dans des conditions de confinement correspondant à la classe du vecteur viral mise en jeu. Pendant la période d'élevage qui suit, les animaux transgéniques peuvent ne plus relarguer de particules virales. Ils peuvent dès lors être déclassés et maintenus dans des conditions de confinement moins contraignantes. Lorsque la barrière biologique naturelle est rompue et, en particulier pendant les prélèvements d'organes, les animaux sont susceptibles de relarguer de nouveau des particules virales. Ils doivent alors être manipulés dans des conditions de confinement appliquées à la classe des virus correspondants.

    A) Classement des animaux abritant un gène étranger

    Classe 1 :


    Classe 2 :
    Classe 3 :
    Classe 4 :

    B) Le confinement pour les animaux abritant un gène étranger

    Animaleries A 1
    Animaleries A2 Animaleries A3
    Animaleries A4

    Type d'animalerie A1 A2 A3 A4
    Confinement physique conditions habituelles d'élevage avec des barrières physiques spécifiques pour les espèces pouvant se multiplier dans l'environnement, les animaux transgéniques sont isolés des animaux non expérimentaux

    tous les animaux expérimentaux sont éliminés
    conditions définies pour l'animalerie A1

    les animaux sont maintenus à l'inté rieur de barrières physiques reforcées s'ils abritent des gènes nuisibles pour l'homme ou l'environnement, les animaux sont maintenus dans les conditions définies pour les locaux de type L2 s'ils relarguent des particules virales

    tous les animaux expérimentaux sont autoclavés (1)
    conditions définies pour l'animalerie A1


    les animaux sont maintenus dans les conditions définies pour les locaux de type L3


    tous les animaux expérimentaux sont autoclavés (1)
    conditions définies pour l'animalerie A1


    les animaux sont maintenus dans les conditions définies pour les locaux de type L4


    tous les animaux expérimentaux sont autoclavés (1)
    Classe des animaux 1 2 3 4
    (1) Ces dispositions s'appliquent aux animaux de petite taille.


    III - Dissémination d'OGM

    Tout projet de dissémination d'organismes génétiquement modifiés doit recevoir au préalable l'autorisation de la Commission de Génie Biomoléculaire (CGB).

    (CGG janvier 2000)

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    Description des confinements pour les plantes transgéniques

    Un certain nombre de règles générales s'appliquent à toutes les plantes transgéniques indépendamment de leur mode de vie. Dans le texte qu' suit, le terme serre désigne toute installation expérimentale destinée à la culture de plantes entières (serres, salles de culture, pièces de culture et mini-phytotrons ... ). Les situations expérimentales sont extraordinairement variées, les lignes qui suivent constituent davantage des guides pour les utilisateurs de serres de confinement.

    Il convient d'insister d'emblée sur la notion de responsabilité, les utilisateurs restent entièrement responsables tant de l'efficacité des dispositifs de confinement, que du respect des procédures de fonctionnement.

    Très schématiquement, les dispositifs et procédures de sécurité peuvent se décomposer en trois grandes catégories d'objectifs :

  • prévention de la dissémination d'organismes "solides" ou liés aux solides
  • ibid. + prévention de l'échappement d'organismes présents dans les veines liquides ,
  • ibid. + prévention de la fuite d'organismes par les flux d'air.


  • 1. Confinement des serres

    Les plantes expérimentales impliquées dans la transgénèse (celles effectivement transgéniques et celles présumées non-transgéniques ayant reçu de l'ADN étranger) doivent être cultivées dans des conditions permettant d'empêcher tout croisement incontrôlé. La constitution des locaux expérimentaux doit être telle qu'elle interdit la dissémination des plantes transgéniques, donc tout croisement incontrôlé. toute perte de graines, etc ... Il s'agit également d'empêcher toute dissémination des autres organismes (pathogènes ou/et transgéniques) que les plantes sont susceptibles d'héberger, ou qui sont partie intégrante de l'expérience (Agrobacterium ...)

    Le classement d'une expérience dépend non seulement de la plante transgénique proprement dite (espèce végétale + transgène) mais de l'environnement dans lequel vit cette plante. Un confinement plus strict doit donc être imposé lorsque les vecteurs naturels du pollen ou des graines (insectes par exemple) des plantes transgéniques se trouvent à proximité du local expérimental, de même le confinement et les procédures devront être adaptés lorsque des plantes sexuellement compatibles avec les espèces transgéniques sont présentes au voisinage du local expérimental.

    En cas de construction de serre neuve et compte tenu du niveau général d'exigences pour ces ouvrages, il paraît cohérent de s'aligner a minima sur les pratiques en usage dans le domaine du bâtiment (pour les actions climatiques règle N 84, charge neige règle NV 65 - les constructions métalliques seront dimensionnées selon AL 76 et/ou CM 66, assemblées selon les normes de la série P 22-25 et P 22-4 - les vitrages dimensionnés selon les règles du DTU n° 39, norme P 78-291).

    Enfin, les règles en matière de sécurité du travail imposent une résistance minimale de 1200 Joules (sac de 80 kg chutant de 1,50 m).

    Il. Identification et devenir des plantes

    Toutes les plantes transgéniques doivent être facilement identifiables et leur historique doit pouvoir être retrouvé.

    Le transport des plantes transgéniques doit être effectué dans des conditions assurant le même degré de confinement que leur culture.

    Après les expérimentations, les plantes transgéniques et les substrats de culture doivent être stérilisés. Tous les instruments, la poterie, les supports de culture doivent également être désinfectés.

    Lorsque des agents pathogènes, par exemple des phytovirus sont utilisés dans l'expérimentation, les opérations doivent être soumises à un confinement correspondant aux types de pathogènes concernés. Les plantes transgéniques doivent avoir un état sanitaire contrôlé et être regroupées en confinement dans un local réservé à la manipulation d'un virus ou d'un pathogène particulier.

    III. Règles générales applicables aux locaux et aux procédures

    Les locaux où sont cultivées les plantes transgéniques doivent être identifiés de façon appropriée (risques pour l'environnement). Les expérimentateurs doivent être informés des risques potentiels des expériences qu'ils réalisent. Le responsable des locaux d'expérimentation doit être informé de toutes les expériences qui y sont réalisées. Une inscription doit informer de la nature des plantes abritées dans ces locaux. Des registres doivent permettre de tracer les allées et venues ainsi que les récapitulatifs des diverses opérations que nécessitent les expérimentations.

    Un dispositif de surveillance et de protection approprié doit être maintenu.

    Les locaux abritant les plantes transgéniques ne sont accessibles qu'aux expérimentateurs et aux agents chargés de la culture et de l'entretien. L'accès sera exceptionnellement autorisé à des visiteurs accompagnés du responsable des essais. Ceux-ci devront se conformer aux consignes en vigueur.

    Il est interdit de boire, manger ou fumer dans ces locaux.

    IV. Les différents niveaux de confinement

    A. La Serre de type Sl

    (contrôle de la dissémination du pollen)

    Ces installations expérimentales concement essentiellement les plantes dont les graines ne survivent pas à l'hiver en France. L'utilisation de ces dispositifs de culture peut être étendu à d'autres plantes, lorsque l'expérimentation n'est pas conduite jusqu'à la floraison, ou lorsque les plantes ne fleurissent qu'après plusieurs années de croissance (arbres).

    Les matériaux de construction, outre les normes énumérées en préambule, n'ont pas de caractéristique particulière.

    Toutes les ouvertures des dispositifs de culture (serre, tunnel, etc.) doivent être pourvues de filets (moustiquaires, maille inférieure à 1 mm) efficaces et en bon état, interdisant l'accès aux insectes pollinisateurs (abeilles, mouches, etc.), les portes d'accès sont pourvues d'un sas à pollinisateurs.

    Les projets de culture en pleine terre de plantes transgéniques doivent être soumis à la Commission de Génie Biomoléculaire.

    B. La Serre de type S2

    (contrôle de la dissémination du pollen et contrôle de la dissémination des graines)

    Ces serres concement essentiellement les plantes dont les graines survivent au froid, ainsi qu'à d'autres conditions adverses, selon leur taille et leur biologie (petites graines sans dormance des Arabidopsis expérimentaux, ou dormance des graines de colza ou de betterave, etc.).

    Les serres sont en appui sur des fondations. Les matériaux de construction, outre les normes définies en préambule, doivent être imperméables à l'eau.

    Toutes les ouvertures des serres doivent être pourvues de filets (moustiquaires, maille inférieure à 1 mm) efficaces et en bon état, interdisant l'accès aux insectes pollinisateurs (abeilles, mouches, etc.), les portes sont pour-vues de sas à pollinisateurs.

    Les serres sont pourvues de dispositifs efficaces de contrôle de la dissémination des graines.

    les plantes doivent être cultivées en hors sol.

    Les sols doivent être, selon les cas :


  • lorsque les expérimentations ne font pas intervenir d'autres organismes (pathogènes ou transgéniques) : en gravier qui doit être facilement stérilisé ou désherbé, afin de détruire sur place les plantules.

  • lorsque l'expérimentation comporte d'autres organismes pathogènes ou transgéniques : en béton, de façon à permettre la récolte des graines tombées, et la récupération des effluents afin de les désinfecter.
  • Lorsqu'ils existent, les collecteurs de surplus d'arrosage ou des solutions de nettoyage et de désinfection, seront munis de grilles ou de tamis de maille adaptée, afin de prévenir tout échappement de graines par l'évacuation des eaux usées.

    D'autre part, dans ces installations expérimentales, les manipulations ne doivent pas faire intervenir d'autres organismes de classe supérieure à Epl (ou Ep2 à condition que la serre soit pourvue de dispositifs efficaces de collecte et de désinfection des effluents).

    Les plantes transgéniques et les substrats de culture doivent être détruits dans le local ou transporté dans un conteneur étanche pour destruction dans un local voisin par incinération ou autoclavage.

    L'accès est autorisé aux visiteurs accompagnés.

    Un zone nue (selon les cas en gravier, désherbée, etc.) doit être réservée autour du local, afin de permettre le contrôle par désherbage de toute graine provenant du local expérimental.

    C. La Serre de type S3

    (contrôle de la dissémination du pollen et des graines, contrôle des insectes vecteurs de virus, contrôle des micro-organismes de classe Ep2 et Ep3 de la veine fluide éventuellement associés aux expérimentations concernant les plantes : champignons, bactéries, virus)

    En plus des caractéristiques de la serre de type S2, cette installation de culture de plantes doit assurer le maintien des fonctions de paroi après un bris accidentel par utilisation de verre feuilleté (voir norme expérimentale P 08-302 ainsi que les niveaux de performance définis par la norme NF P78 - 406 avril 94).

    Cette installation comporte en outre les dispositifs suivants :

  • Les parois et la toiture de la serre doivent être étanches (0,5 volumes à 200 Pascals), en veillant à l'absence de trous dans les structures de manière à ce que les échan-es d'air ne puissent se faire autrement qu'à travers les filtres ou les sas. L'air doit entrer et sortir de la serre à travers des filtres industriels de type EU3 à EU7 ne permettant ni le passage des grains de pollen, ni celui des insectes, tant pollinisateurs que vecteurs de virus ;

    Ces dispositifs de contrôle de la circulation de l'air ne sont pas normalement et directement adaptés pour le contrôle de la dissémination de spores de champignons. En fonction de leur pathogénicité de tels organismes, transgéniques ou non, doivent être expérimentés dans un PSM pour la protection de l'environnement. A la serre, les dispositifs de culture de plantes destinées à l'expérimentation de champignons sporulants doivent se conduire dans des conditions de sécurité comparables à celles du PSM.

  • L'accès de la serre se fait au travers d'un sas dont les deux portes ne peuvent s'ouvrir simultanément ,

  • L'accès de la serre est réservé aux personnels spécialisés et aux expérimentateurs, revêtus de vêtements et chaussures réservés aux travaux effectués dans le local. Le personnel doit se désinfecter les mains en sortant du local ;

  • Le sol doit être imperméable pour permettre la récupération des excédents des eaux d'arrosage et des solutions de nettoyage et de désinfection ;

  • Les effluents sont filtrés sur des tanùs de mailles adaptées puis stérilisés par des moyens appropriés (chaleur, chlore, etc.) avant rejet, en respectant les normes de rejet selon le type de traitement ,

  • Les effluents, les vêtements et les plantes doivent être stérilisés dans le local ou transportés dans un dispositif étanche jusqu'à un local voisin pour y être stérilisés ;

  • Toutes les expériences réalisées dans le local doivent être consignées dans un registre d'entrée et de sortie, prévu à cet effet. Tout organisme expérimental vivant introduit doit être mentionné sur ce registre.

    D. La Serre de type S4

    (contrôle de toutes les Possibilités de dissémination)

    Ces installations expérimentales concernent tous les types de plantes et tous les types de gènes suspectés de présenter des risques potentiels importants.

  • Les matériaux de construction doivent être imperméables à l'eau et résistants aux chocs ;

  • L'étanchéité de la couverture et les jointures avec le corps du local expérimental doivent être assurées par des joints souples ou tout autre procédé de même efficacité ;

  • Le sol doit être imperméable pour permettre la récupération et la stérilisation des eaux ;

  • Les eaux de drainage et de lavage doivent être stérilisées avant d'être rejetées ;

  • L'ensemble du local doit être sous pression négative. Des filtres HEPA doivent être placés à la sortie de l'air. Le changement des filtres doit pouvoir se faire sans contaminer les conduits d'air. Le matériel biologique cultivé dans le local (à l'exception du matériel expérimental qui doit rester vivant à la fin de l'expérience) doit être intégralement détruit à l'intérieur même du local ou dans un autoclave à double entrée avant d'en être sorti. Les plantes et leurs substrats doivent êtres détruits de préférence par incinération ;

  • L'accès au local doit être strictement réservé aux personnes qui réalisent les expériences. Il doit se faire à travers un sas dont les deux portes ne peuvent être ouvertes simultanément. Le local doit être entouré d'une clôture de sécurité ;

  • Les personnes autorisées à entrer dans la zone de confinement doivent porter des vêtement de travail (y compris des chaussures et un couvre-chef) qui ne sont utilisés que dans le local et qui sont stérilisés dans le sas avant d'être nettoyés à l'extérieur. A la sortie de la zone de confinement, les personnes doivent se doucher ;

  • Toutes les expériences réalisées dans le local doivent être consignées dans un registre prévu à cet effet. Tout organisme vivant pénétrant dans le local doit être mentionné sur ce registre.

    Caractéristiques des locaux permettant d'assurer différents niveaux de confinement pour la culture de plantes génétiquement modifiées.

    Classe générale de confinement L1 L2 L3 L4
    Type de serre S1 S2 S3 S4
    Matériaux de construction quelconques, normes bâtiment imperméables à l'eau,
    et résistance contrôlée
    imperméables à l'eau,
    et résistants aux chocs
    imperméables à l'eau,
    et résistants aux chocs
    Nature du sol quelconque ou gravier gravier désherbé
    désinfectable ou imperméable
    imperméable, collecte
    et stérilisation des eaux
    imperméable, collecte
    et stérilisation des eaux
    Aération filets anti-animaux obligatoires,
    filtres anti-insectes pollinisateurs < 1mm
    filtres anti-insectes < 1mm, hygrométrie contrôlable local étanche,
    filtres EU3 à EU7
    local étanche, pression négative et filtres HEP à la serre
    Abords libres, zone nue autour du local libres, zone nue autour du local zone contrôlée, local fermé
    à clé, zone nue autour du local
    clôture de sécurité, local fermé
    à clé, zone nue autour du local
    Système de vide de paillasse quelconque quelconque filtres EU3 à EU7 autonome avec filtres HEPA
    Douche non non non, désinfection des mains à la serre oui
    Signalisation du risque
    pour l'environnement
    oui oui oui oui
    Destruction des plantes plantes détruites plantes et substrats stérilisés ou
    incinérés dans le local ou dans un
    bâtiment voisin, ou expédiés en conteneurs étanches vers un incinérateur agréé
    plantes et substrats stérilisés ou
    incinérés dans le local ou dans un
    bâtiment voisin, ou expédiés en conteneurs étanches vers un incinérateur agréé
    plantes et substrats détruits (stérilisés ou incinérés) dans le local ou évacués à travers un autoclave à double entrée
    Accès par sas à pollinisateurs réservé aux expérimentateurs (visites possibles) par sas à pollinisateurs réservé aux expérimentateurs (visites possibles) sas dont les portes ne peuvent s'ouvrir simultanément, strictement réservé aux expérimentateurs et au personnel d'entretien sas dont les portes ne peuvent s'ouvrir simultanément, strictement réservé aux expérimentateurs
    Vêtements blouse blouse blouse, chaussures, couvre-chef, vêtements stérilisés soit dans le local, soit dans un local voisin avant d'être sortis blouse, chaussures, couvre-chef, vêtements stérilisés avant d'être sortis
    Effluents non collectés soit non collectés, prévoir récupération des graines ; soit collectés avec récupération des graines et stérilisation pour manipulation Ep2 Effluents : collectés pour récupération des graines et stérilisation avant rejet collectés et stérilisés avant rejet
    Registre pour les expériences non non oui oui



    Commission de génie génétique - Janvier 2000
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